Faire écrire son collégien sans prise de tête : mes conseils de maman
Quand je parle avec des mamans dont les enfants vont entrer au collège en IEF ou non, une question revient souvent : Comment faire pour les amener à produire des écrits longs, sans les dégoûter ?
Comment leur donner envie d’écrire… vraiment ?

J’ai longtemps tâtonné avec Assya, ma grande. Oui en général les premiers c’est toujours plus compliqué … On teste, expérimente un peu avec eux … Elle écrivait, oui, mais jamais bien long. Quelques lignes et puis basta. Elle soupirait, Elle bloquait. Bon elle est dysgraphique donc forcément ca rajoutait vraiment une contrainte en plus à prendre en compte…
Et puis un jour, j’ai arrêté de vouloir « faire comme à l’école ». J’ai repris les choses autrement, plus simplement, en partant du réel, du vécu, du sens.
Voici quelques idées issues de notre quotidien, qui, j’espère vous aideront aussi à accompagner votre collégien.
1- Raconter le présent : le vécu
Ce qui change tout : écrire sur ce qu’ils vivent. Pas besoin de leur inventer des sujets tordus…
Une visite, une promenade, une rencontre marquante… Peu importe que ce soit un grand événement ou une simple balade au parc. Ce qui compte, c’est de partir de ce qu’ils ont vu, ressenti, compris.
Quelques idées concrètes :
- raconter une sortie
- expliquer comment ils ont construit quelque chose
- écrire un tutoriel (recette, bricolage…)
- faire une fiche pour un petit frère
- rédiger un mail ou une vraie lettre
- réaliser une critique de film
L’écrit devient alors utile, pas un simple exercice artificiel …
2- La narration inspiré de la pédagogie Charlotte Mason
Dans cette pédagogie, la narration fait partie intégrante de l’apprentissage. Elle consiste à reformuler avec ses propres mots ce qu’on vient de lire, écouter ou observer. Afin de s’entrainer à cet exercice pas si simple, on débute avec une narration orale, puis petit à petit on passe à l’écrit. Cet exercice est une très bonne base pour apprendre à structurer sa pensée, organiser un texte et enrichir son vocabulaire.
Concrètement, comment faire ?
- Lire un texte riche, vivant bien écrit
- Laisser le temps de digérer, en parler
- Il raconte ce qu’il a compris, à l’oral ou à l’écrit, sans questions dirigées, avec ses propres mots

Alors au début, cela peut faire 3 lignes. Puis 8, puis un paragraphe. Et petit à petit, sans s’en rendre compte, l’enfant va faire un vrai écrit structuré. C’est une alternative intéressante aux questionnaires ou fiches de lecture; l’enfant devient acteur de son apprentissage en mobilisant pleinement son attention et son langage.
Astuce : penser à varier les formes de narration écrite : lettre, récit, journal de bord, petit dialogue…

3 – La simulation globale : Apprendre en jouant des rôles
C’est une pépite !On va créer un cadre imaginaire cohérent et riche : un village, un immeuble, un projet… dans lequel l’enfant va jouer un rôle et produire des écrits/oraux en lien avec cet univers. Je vous partage quelques idées adaptables en 6e et 5e autour du thème de l’aventure.
Contexte fictif : Tu es le seul survivant d’un accident. Après un naufrage ou un crash, tu t’es échoué sur une île mystérieuse, perdue au milieu de l’océan.
Pas de téléphone, pas d’adultes, pas d’aide immédiate… Tu vas devoir organiser ta survie, explorer ton environnement, et peut-être… trouver un moyen d’être sauvé. Mais en attendant, tu vas tout raconter : ce que tu vis, ce que tu ressens, ce que tu découvres.

Quelques idées d’écritures à proposer :
Le journal intime ou de bord : Écrire chaque jour ou semaine ce qui se passe sur l’île (ressentis, événements, conflits…) Objectif : narration à la 1re personne, expression des émotions.
Une lettre ou un message de détresse : Lancer un appel à l’aide : lettre dans une bouteille, message SOS, email satellite Objectif : convaincre, synthétiser les infos, exprimer l’urgence.
La carte de l’île avec description des lieux : Décrire des endroits stratégiques (rivière, grotte, volcan, forêt dangereuse…) Objectif : description précise, vocabulaire spatial, sensoriel.
Un récit d’aventure ou de mission : Raconte comment tu as gravi la montagne pour chercher un point d’eau. Objectif : utilisation de l’imparfait et du passé simple, suspense, rebondissements.
Un article de journal : Se mettre dans la peau d’un journaliste et écrire sur la cause de l’accident et ta disparition. Objectif : texte journalistique, ton informatif ou alarmiste.
Une fiche encyclopédique : Inventer et décrire une trouvaille extraordinaire trouvé sur l’île : Le dodo à dents de sabre (animal imaginaire rencontré sur l’île). Objectif : texte informatif / scientifique fantaisiste.
Dialogue entre toi et un animal de l’île : Tu rencontres un perroquet qui parle. Il t’aide (ou te met des bâtons dans les roues). Raconte votre conversation. Objectif : développer l’imagination et travailler les marques du dialogue (tirets, verbes de parole

Sans même s’en rendre compte, l’enfant va écrire des textes longs car il sera dans son rôle, investi. À adapter selon les passions de votre enfant : ouvrir une pâtisserie, intégrer un club de foot, créer un refuge animalier, être détective ou archéologue… tout est possible !
3 – En conclusion : pas besoin d’attendre un miracle, juste un cadre vivant
Écrire, ça ne commence pas par une page blanche et des consignes froides. Ça commence par une expérience vécue, une histoire entendue, un envie de transmettre. Faisons confiance à leur curiosité, à leur besoin de donner du sens.





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